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Par ex., 19/10/2019
Par ex., 19/10/2019
Immo & Vie des locaux
Publié le Mercredi 2 octobre 2019

Quand Laudato Si' inspire une gestion responsable

Depuis la publication de la lettre encyclique du Pape François Laudato Si', les initiatives se multiplient dans les établissements catholiques pour prendre soin de notre "maison commune". Animés par ce souci de sauvegarde du bien commun, des établissements de notre réseau ont pris des mesures concrètes en faveur de la réduction des déchets, de la lutte contre le gaspillage ou des économies d'énergie.

Dans sa conférence de presse du 3 octobre, Philippe Delorme, secrétaire général de l'Enseignement catholique, a rappelé que "beaucoup d'établissements sont engagés dans une démarche d'écologie intégrale. Les jeunes poussent souvent les adultes à aller plus vite et plus loin. Ils sont un réel souci de prendre soin de la "maison commune"".

Au Lycée Sainte-Geneviève à Versailles, une commission Laudato Si' composée d’élèves, d’enseignants et de l’équipe de direction se rassemble chaque mois depuis 3 ans pour faire changer les habitudes en matière d’écologie. Plusieurs initiatives ont émergé de ces réunions.

Toute une chaîne se mobilise

Pour réduire le gaspillage à la cantine, les élèves participent à l’élaboration des menus et, guidés par des pictogrammes, s'impliquent fortement dans le tri sélectif des déchets "en bout de table".

À l’internat, des référents sectoriels encadrent le tri des papiers, cartons et emballages par les élèves depuis leur chambre vers des points de collecte qui valorisent les déchets. D'après Cyrille Fréminet, DAF de Ginette, "même si ces points d'apport volontaires ont un coût de location, de collecte et de traitement, la démarche a été en partie compensée économiquement puisque nous avons réduit les volume des ordures ménagères collectées."

Moins de volume, moins de transport

D'autre part, une machine de traitement des bio-déchets par déshydratation a été installée au sein de l’établissement.

Également adopté par Sainte-Croix à Neuilly, ce dispositif permet de sécher et transformer en substrat recyclable jusqu’à 300 kg de déchets organiques par jour réduisant ainsi leur volume de 80%.

Ce qui a pour conséquence de réduire l'empreinte carbone ainsi que la fréquence de collecte des ordures par les transporteurs.

Conjuguer défi écologique et action solidaire

L'Institut Notre-Dame à Saint-Germain-en-Laye a opté pour des circuits différents de tri des déchets sur chacun de ses sites.

À Saint-Germain, le groupe scolaire passe par les services de l’agglomération qui mettent gratuitement à disposition des bacs dédiés aux déchets papiers. Ce sont les élèves qui assurent la chaîne de tri depuis les classes jusqu'aux bennes.

Au restaurant scolaire, les biodéchets sont fléchés depuis la cuisine (épluchures) et les assiettes (restes alimentaires) vers une cuve vidée toutes les 3 semaines. Ce qui permet de réduire le volume des ordures ménagères mais aussi d'éduquer aux bons gestes de tri.

À Sartrouville, le lycée Jean-Paul II expérimente depuis 2017 la solution d'une entreprise innovante et solidaire de l'économie circulaire : la société Élise, spécialisée dans la collecte et le recyclage des déchets de bureau, et engagée dans l’insertion de personnes en situation de handicap.

Selon Claire Fleury, la DAF de l'ensemble scolaire, "plus qu'un intérêt économique, tout l'enjeu repose sur la fluidité du circuit de collecte entre tous les acteurs à l'intérieur de l'établissement ".

Écologie "by design"

En matière de transition énergétique, les établissements peinent à mesurer l'impact direct des comportements sur les niveaux de consommation d'énergie.

En revanche, tout est mis en oeuvre pour intégrer cette dimension de transition écologique dans le choix des matériaux et des équipements lors de travaux de rénovation ou de construction : isolation thermique, éclairage leds, traitement de l'air,...

Un regard au-delà de l'immédiat

Les gestionnaires en charge de ces questions s’accordent à dire que la plupart des actions menées en faveur de l'environnement, quelles soient volontaristes ou réglementaires, ont peu d’impact économique puisqu’elles représentent un coût mais que, sur la durée, elles éduquent à un changement de culture faisant dialoguer tous les acteurs de l’école autour des questions-clefs d’éco-responsabilité.

Ce que le Pape François résume bien en ces termes : "La sauvegarde des écosystèmes suppose un regard qui aille au-delà de l'immédiat, car lorsqu'on cherche seulement un rendement économique rapide et facile, leur préservation n'intéresse réellement personne. Mais le coût des dommages occasionnés par la négligence égoïste est beaucoup plus élevé que le bénéfice économique qui peut en être obtenu." (Laudato Si', §36)