Comment mieux communiquer avec sa banque ?
Adrien de Beaumont, Directeur du Centre d’Affaires ESS Île-de-France Est, partage dans cet article son regard et son expertise sur la relation des OGEC avec leurs banques.
Lors de mes rencontres avec des établissements scolaires privés, j’ai pu constater une asymétrie entre les attentes des clients et les réalités du banquier. Voici quelques clés à connaître pour mieux communiquer avec sa banque.
1- Votre banquier vous connaît-il ?
Si vous êtes géré dans une agence, votre interlocuteur gère sans doute de 500 à 3000 clients. Concrètement, il traitera efficacement les demandes courantes, mais n'aura pas toujours le temps de traiter les sujets nécessitant de l’expertise.
Si vous êtes géré par un Chargé d'Affaires Entreprises, il a l'habitude de parler à des chefs d'entreprises, il connaît très bien les différences entre SAS et SARL et sait qui est l'actionnaire de son client, mais cela lui donne peu d'indices sur le fonctionnement d'un OGEC.
Il y a donc deux questions préalables à poser à votre interlocuteur bancaire :
• Combien gérez-vous de clients ? Vous aurez une idée du temps qu'il a à vous consacrer.
• Combien d'établissements scolaires parmi ces clients ? Vous aurez une idée de sa compréhension de vos enjeux.
Conseil : si votre interlocuteur ne vous comprend pas, cherchez une banque et un interlocuteur qui connaît les établissements scolaires, demandez à l'UROGEC quels sont les partenaires compétents !
2 - Quels sont les enjeux de votre banquier ?
Votre interlocuteur souhaite connaître les spécificités de votre établissement pour vous apporter le meilleur conseil possible et vous donner un éclairage sur l'évolution des placements si votre trésorerie est abondante. Réfléchir avec vous sur votre plan d'investissement pour adapter le montant, la durée et la garantie à mettre en face d'un financement éventuel.
Comme vous, votre interlocuteur bancaire souhaite éviter que vous soyez face à une impasse de trésorerie. Pour cette raison il insistera sur les prévisionnels de trésorerie en cas de projet de financement. C’est également pour cette raison qu’il vous conseillera de recourir au crédit-bail pour le financement des investissements courants : un investissement financé c'est une trésorerie protégée.
Conseil : Rencontrez votre banque au moins une fois par an pour la tenir au courant de votre situation et de vos projets.
3 - Comment aborder le sujet des financements
D'abord, souvenez-vous toujours que le rôle d’une banque, c’est de prêter ! Le banquier n'est pas un adversaire qui cherche la faille pour éviter de vous prêter des fonds, il est au contraire un allié qui est là pour trouver le meilleur compromis entre le besoin d'investissement et la nécessité de maintenir la viabilité de l'établissement. Et pour bien analyser votre capacité à rembourser un prêt, votre interlocuteur bancaire va vous demander au moins 3 documents :
• Les derniers bilans de l'établissement étayés par les rapports des commissaires aux comptes ;
• Un prévisionnel, même si nous sommes bien conscients des limites de l'exercice
• Un descriptif de l'investissement : promesse de vente, estimation immobilière, devis de matériels ou de travaux etc.
Ces documents lui permettront de dégager quelques informations qui vous seront tout aussi utiles :
• La capacité d'autofinancement (CAF ) : Cet indicateur permet de comprendre si votre établissement génère de la trésorerie. On comparera le niveau de la CAF avec le montant annuel des échéances des prêts en cours et à venir.
• Le montant de l'endettement, idéalement, celui-ci ne devrait pas dépasser durablement le niveau des fonds propres au passif de votre bilan.
• Le niveau de votre trésorerie, qui doit permettre, tout au long de l'opération, de tenir pendant 3 à 6 mois sans revenus, afin de faire face aux imprévus.
• En cas de financement immobilier, ne soyez pas surpris que votre interlocuteur privilégie presque systématiquement le recours à une hypothèque en premier rang, cette garantie engage l'établissement scolaire, mais aussi les éventuels repreneurs de l'établissement dans l'avenir.
Quoiqu'il en soit, si vous avez un doute, interrogez votre interlocuteur bancaire, il sera très heureux de vous accompagner dans ces réflexions.